Chez les Gens de Cottin, on fait d’une rue un jardin…

Publié 12/01/2018 en France

Chez les Gens de Cottin, on fait d’une rue un jardin…
Chez les Gens de Cottin, on fait d’une rue un jardin…

Terre d’actions

Dans le XVIIIe arrondissement de Paris, une association a décidé de végétaliser sa rue. Et le bout de trottoir qui n’appartenait à personne est devenu un jardin collectif.

Retrouvez régulièrement dans la chronique «Terre d’actions» l’actualité des initiatives écolos en France et dans le monde.

Au départ on pourrait presque croire qu’il s’agit simplement d’une rue grise, dans cette ville grise et fraîche du début janvier. C’est l’hiver à Paris, et on pourrait facilement traverser la rue Jean-Cottin sans rien remarquer. Pourtant, au pied d’une longue grille fermant un bloc d’immeubles, l’œil attentif verra les lauriers sauce, les poiriers, les kiwis et autres groseilliers en sommeil.

Dans cette simple rue du XVIIIe arrondissement de Paris, «ce bout de trottoir assez large a été considéré pendant longtemps comme un dépotoir. Les poussettes ne pouvaient plus passer». Puis un jour de 2014, Samantha a croisé sa voisine Florence dans une brocante du quartier et paf, les deux passionnées de plantes ont créé une association.

«Au départ, on voulait juste lutter contre les gravats», se souvient Samantha, arrivée il y a six ans. Et c’est ainsi que Les Gens de CottinLibé, on sait apprécier le jeu de mots…), aidés par la mairie de Paris, sont entrés en contact avec les Vergers urbains. Ces derniers, promoteurs de la ville comestible, ont imaginé des bacs de bois posés sur des palettes amovibles pour y mettre de la verdure. Pendant quinze jours, les membres des deux associations, aidés par des jeunes en réinsertion, ont scié, cloué, vissé… tant et si bien qu’un premier bout de rue fut aménagé. Tout à gauche: un réservoir de 250 litres d’eau pour l’arrosage et au milieu, un composteur commun, ouvert une fois par semaine. Pour le reste: des arbres, des plantes, des légumes et des fleurs.

Un salon botanique

Cette partie des bacs est commune. Quant aux plus récents, ils peuvent être «adoptés» par qui veut, en échange de bons soins et d’une cotisation. Ici, avec la sauge et le thym, c’est le bac de deux ados, là c’est à un monsieur d’en face- à côté, on trouve des plantes malgaches, et plus loin, c’est le jardinet des enfants. En principe, il vaut mieux favoriser les végétaux à vocation alimentaire. Mais des belles-de-nuit ou le rosier offert par la bibliothèque ont aussi trouvé leur place. A terme, Les Gens de Cottin veulent que leur jardin, qui n’a cessé de grandir, s’allonge jusqu’au bout de la rue. Pour susciter des vocations, ils tiennent salon chaque dimanche matin. Un salon de thé botanique et jardinier, en pleine rue, ouvert aux quatre vents.

Le résultat ne s’est pas trop fait attendre: «Cela a vraiment créé du lien social entre tous les gens du quartier», se félicite Samantha, qui parle d’une «métamorphose complète de la rue». «On observe, on échange des astuces, des conseils pratiques de jardinage ou de cuisine, on reprend le temps.» Et, une fois par mois, Les Gens de Cottin retrouvent les membres des autres associations du coin pour un repas sur la place Mac-Orlan avec le collectif de la Bonne Tambouille.

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Mais, comme dans toutes les histoires, une ombre voile le tableau. Les plants, surtout les aromatiques et les géraniums, disparaissent régulièrement. On aurait presque tendance à trouver ça poétique, le vol des fleurs… Mais c’est à en décourager les meilleures volontés! Pour limiter les dommages, et plutôt que de baisser les bras, les habitants de la rue Jean-Cottin ont préféré installer de fins grillages sur la terre, pour qu’on ne puisse pas tirer les racines. Et au printemps, l’association fera des boutures à distribuer, trouvant qu’il est finalement aussi simple de mettre les fleurs à disposition de tout un chacun.

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos idées d’initiatives écologiques à notre adresse terredactions@libe.fr

ParAurélie Delmas

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