Affaire Lactalis: «l’auto-contrôle n’est pas suffisant» pour les industriels

Publié 18/07/2018 en France

Affaire Lactalis: «l’auto-contrôle n’est pas suffisant» pour les industriels
Le siège social de Lactalis à Laval, le 12 janvier.

Santé

Le député Christian Hutin a dévoilé sur Europe 1 les préconisations de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Lactalis, qui présente son rapport ce mercredi.

Pour éviter les problèmes sanitaires dans l’industrie agroalimentaire, «l’auto-contrôle n’est pas suffisant», a indiqué le président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Lactalis, Christian Hutin, qui présentera mercredi son rapport. Il faut «contrôler les contrôleurs, et contrôler les contrôlés», a assuré le député du Nord, interrogé sur Europe 1.

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La commission va ainsi préconiser de «toucher au portefeuille» les industriels qui «ne respecteront pas une forme de déontologie et de rigueur sur les autocontrôles», selon le député, qui évoque aussi «une forme de responsabilité pénale». Il faudra également vérifier l’indépendance des contrôleurs, car «quand un laboratoire a 90% de son chiffre d’affaires qui est lié à une seule entreprise», comme ce fut le cas dans l’affaire Lactalis, «ça peut poser un problème», a-t-il assuré. Concernant la procédure de retrait/rappel qui s’était avérée défaillante durant la crise Lactalis, Christian Hutin évoque plusieurs pistes: des «crash-test» comme pour les banques, l’utilisation des codes barres et des QR codes pour faciliter les blocages à la caisse, et la formation du personnel. Il demande également qu’un employé par magasin «soit responsable de la santé publique».

«Armée mexicaine»

Chrisitan Hutin a aussi déclaré que la commission allait demander que l’Etat mette fin à la «guerre des polices» et crée une autorité unique dans le domaine de la sécurité alimentaire, dénonçant une «armée mexicaine» avec «trois ministères: la Santé, Bercy et Agriculture, c’est pas possible». Il y a un moment, «il faut que ce soit très clair: un numéro unique, un site unique, une décision unique», a-t-il déclaré.

Fin 2017, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel produit dans l’usine Lactalis de Craon en Mayenne. La contamination et les cafouillages de la procédure de retrait/rappel qui s’en est suivie a donné lieu à l’ouverture d’une enquête judiciaire. Elle a aussi convaincu les députés de créer une commission d’enquête parlementaire. Au cours des quatre mois d’enquête, les parlementaires ont auditionné des acteurs de l’administration, de la grande distribution, de l’agroalimentaire, du monde agricole ainsi que plusieurs ministres pour tenter de trouver quels étaient les points faibles à améliorer dans ces procédures complexes. Pour l’association des familles de victimes du lait contaminé aux salmonelles, «ces auditions auront eu le mérite de donner de nombreuses informations quant au déroulement de la crise: crèches et certains distributeurs non informés officiellement de procédures de retraits/rappels, et pas de contrôles des autorités sur de possibles contaminations bactériologiques de produits infantiles depuis 2005».

Par AFP

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