Son du jour #292 : culminant comme Matthias Puech

Publié 03/10/2018 en Musique

Son du jour #292 : culminant comme Matthias Puech
Matthias Puech.

EXCLU

Le musicien, chasseur de son et chercheur en mathématiques Matthias Puech nous livre ici en exclusivité un sylvestre morceau de son album à venir, «Alpestres».

Il cueille des sons le long des vallées formant la chaîne des Alpes, comme d’autres glanent minéraux, plantes, pâquerettes ou opiacés. Le Parisien Matthias Puech, par ailleurs enseignant et chercheur en mathématiques (théorie de la preuve), sillonne les forêts et multiplie les field recordings (enregistrements in situ)ainsi rentré à la maison, il remodèle – à partir de ce qu’il entend – son propre alphabet sonore de la montagne, intime, hybride, chaotique. «En montagnes, plus on monte et plus les sons se font rares», nous dit-il, lui qui a justement voulu s’atteler à imaginer «ce monde qui n’existe pas.

Le morceau Tschäggättä – tiré de son album à venir Alpestres – cliquette à son orée sous l’orchestration de becs de piverts transgéniques. Toute douce, puis d’oscillations en nappes organiques, l’électronique balade de synthé, dont le musicien conçoit lui-même les modules, se mue en un hymne frénétique d’aciérie fantastique qui perdrait tout contrôle, «non planifiée comme une partition, non» nous précise le musicien qui nous évoque un morceau «à la forme bosselée d’une montagne». Et nous qui au diapason de son évolution, embrassons pleinement sa courbe, avalons son pic et encaissons, ivre de tout, son avalaison. 

L’album Alpestres, disponible le 9 novembre chez Hands in the Dark.

ParJérémy Piette

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