Melbourne, court de prédilection des Français

Published 24/01/2019 in Sports

Melbourne, court de prédilection des Français
Lucas Pouille lors de son quart de finale de l’Open d’Australie, mercredi à Melbourne.

Tennis

Lucas Pouille, qui y affrontera Novak Djokovic vendredi en demi-finale, confirme que l’Open d’Australie est le tournoi du Grand Chelem qui réussit le mieux aux tricolores depuis 2000.

Vainqueur mercredi de Milos Raonic en quart de finale, Lucas Pouille est devenu le septième joueur français à se hisser en demi-finale des internationaux d’Australie. Au terme d’un récital en quatre actes (7-6, 6-3, 6-7, 6-4) et trois heures de jeu, le Nordiste, 31mondial, a rappelé qu’à Melbourne, le ciel est un peu plus bleu qu’à Wimbledon, à l’US Open où même qu’à Roland-Garros.

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Depuis une vingtaine d’années, la capitale sportive et culturelle australienne est devenue le terrain d’expression privilégié d’un tennis français qui peine à se distinguer dans les autres tournois majeurs. Le «Happy Chelem» a été le théâtre des deux seules finales disputées par un tennisman tricolore au XXIe siècle : Jo-Wilfried Tsonga contre Novak Djokovic (2008) et Arnaud Clément contre Andre Agassi (2001).

Années 2000

Après Grosjean, Clément, Tsonga (deux fois), Lucas Pouille jouera vendredi la cinquième demi-finale disputée par un Français à Melbourne depuis 2000. Dans le même laps de temps, les Français ont été présents à quatre reprises à ce stade de la compétition à Roland Garros, six fois à Wimbledon et seulement deux fois à l’US Open, le dernier Grand Chelem de la saison. Au nombre des quarts de finale sur la période, le tournoi australien réussit le mieux aux joueurs français. Avec, certes, une édition de plus au compteur, les Bleus ont réussi à atteindre à 15 reprises le stade des quarts de finale, contre 11 fois à Roland-Garros, 13 fois à Wimbledon et 10 fois à l’US Open.

En 2008, le tsunami Jo-Wilfried Tsonga avait déferlé sur Mikhail Youzhny à Melbourne, avant d’emporter Rafael Nadal au tour suivant, au cours d’un match lunaire (6-2, 6-3, 6-2). Le Français avait finalement dû rendre les armes, en finale, contre un jeune Novak Djokovic (4-6, 6-4, 6-3, 7-6), titré pour la première fois dans un des quatre tournois majeurs. Deux ans plus tard, il atteint à nouveau les demi-finales, battu par Roger Federer.

2001 est une année faste pour le tennis français à Melbourne. Arnaud Clément et Sébastien Grosjean se retrouvent dans une demi-finale franco-française. L’événement est rare et ne s’était produit qu’une fois dans l’ère Open, en 1983 à Roland Garros, entre Yannick Noah et Christophe Roger-Vasselin. Les deux Méditerranéens sont à la hauteur du rendez-vous et auront besoin de cinq sets pour se départager. Après avoir laissé filer les deux premiers, Arnaud Clément se ressaisit et accède à la seule finale de Grand Chelem de sa carrière (5-7, 2-6, 7-6, 7-5, 6-2). Contre un Andre Agassi 6e mondial, le Provençal ne fait pas illusion et s’incline en trois manches sèches (6-4, 6-2, 6-2).

Années 1990

Avant 2000, les Français sont moins performants à Melbourne. Nicolas Escudé surprend en accrochant une demi-finale en 1998. Le natif de Chartres, 17e mondial au meilleur de sa carrière, échouera pour autant à déborder le Chilien Marcelo Ríos (6-1, 6-3, 6-2). Huit ans plus tôt, Yannick Noah n’avait pas été plus inspiré pour atteindre la finale, battu par le numéro 1 mondial de l’époque, Ivan Lendl (6-4, 6-1, 6-2).

Avant 1990

De 1973 jusqu’à 1990, le tennis français vit des heures sombres en Australie, et il n’y a que Yannick Noah pour s’offrir un quart de finale en 1987. Le manque de popularité du «Happy Chelem», entre 1975 et 1983, ne pousse pas les Européens à s’y rendre, que ce soit pour des raisons sportives ou logistiques. «Il y avait au minimum dix escales, expliquait début janvier l’ancien tennisman, Patrick Proisy, au journal l’Equipe. Aujourd’hui, on passe par Singapour et le voyage prend treize heures environ. De notre temps, c’était l’expédition.» En 1973, lors d’un de ses deux déplacements en Australie, l’ancien finaliste de Roland-Garros était devenu le premier Français de l’ère Open à atteindre une demi-finale dans l’épreuve australienne.

Le septième, Lucas Pouille, défiera vendredi le Serbe Novak Djokovic pour rejoindre le cercle fermé des six Français ayant disputé une finale dans un des quatre tournois les plus prisés de la saison. Attention, cependant, à ne pas boire la tasse face à un numéro 1 mondial, vainqueur de ses onze dernières demi-finales de Grand Chelem.

ParNicolas Grellier

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