La plainte pour viol contre Philippe Caubère classée sans suite

Published 19/02/2019 in https:2019/02/19/

La plainte pour viol contre Philippe Caubère classée sans suite
Philippe Caubère, à Paris, le 18 mars 2016.

Droit de suite

Le parquet de Créteil a classé sans suite les accusation de viol et d’agression sexuelle formulée contre le comédien et dramaturge français en plein emballement MeToo.

Accusé de viol et d’agression sexuelle en avril 2018 en pleine période de libération de la parole post-Weinstein, la figure du théâtre français Philippe Caubère peut souffler. La plainte déposée contre lui par la dramaturge et comédienne Solveig Halloin a été classée sans suite par le parquet de Créteil. Le parquet estimant qu’«aucun élément ne permet de corroborer les déclarations de la plaignante sur l’absence de consentement», tandis que «les personnes qu’elle avait désignées comme [autres] victimes ont nié toute agression».

«Coup de cœur» 

La rencontre ayant suscité les accusations portées huit ans plus tard contre Philippe Caubère, 68 ans, remontait à février 2010. A l’issue d’un spectacle, la jeune femme avait abordé cette figure historique du Théâtre du Soleil, qui était pour elle un «père artistique». En entamant une relation avec lui, Solveig Halloin disait dans une vidéo parue sur le site du Huffington Post avoir vécu un «cauchemar». Elle décrit des échanges de SMS, parle d’une salle de torture dans l’appartement de l’acteur. Découvrant l’affaire par voie de presse, Philippe Caubère dit alors à Libération «tomber des nues». L’acteur qui ne dissimule pas sa vision libertine du couple et a pris publiquement la défense du droit à la prostitution, ne nie pas les relations sexuelles, mais parle de relations passionnées, amoureuses mêmes. «On s’est dragué, elle m’a suivi dans ma chambre d’hôtel, on a couché ensemble. J’ai eu un coup de cœur pour elle, il y a eu des mots plutôt à l’eau de rose qu’autre chose, des mots d’amour même.» Il ajoute : «Frapper une femme, je sais pas comment vous dire, c’est contre mon idéologie, contre ma culture, contre mon éducation, contre ma famille artistique au Théâtre du Soleil.»

Perquisition

Après l’avoir placé en garde à vue, les enquêteurs ont fouillé ses téléphones et ordinateurs et mené une perquisition dans son appartement de Saint-Mandé. «Les policiers voulaient voir si la description que la plaignante avait donnée de mon appartement correspondait, a expliqué l’acteur au Monde. Où était la chambre de torture.» De la même façon, la police a auditionné les autres femmes que la plaignante décrivait comme des victimes de Caubère, aucune ne rapportant le moindre geste violent de sa part.

Dans une affaire «parole contre parole», le parquet a estimé que «l’admiration professionnelle, voire la fascination, que Mme. Halloin vouait à M. Caubère ne peut, s’agissant d’une relation entre adultes, être considérée comme une emprise intellectuelle», et constituer une «contrainte» au sens pénal.

«Cette affaire, c’est l’illustration d’une instrumentalisation du mouvement de libération de la parole de la femme et une instrumentalisation du judiciaire», a déclaré Me Dosé, l’avocate de Philippe Caubère, avant d’annoncer qu’elle entendait porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

ParMarius Chapuis

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