Le son du jour #364 : stellaire comme Jardin

Published 05/06/2019 in Culture

Le son du jour #364 : stellaire comme Jardin
Jardin.

EXCLU

Trésor caché de l’underground électronique français, Jardin revient avec le mini-album «One World One Shit», dont nous vous proposons de découvrir en exclusivité le premier clip, «Débordement».

Il vous le dit du bout de ses raves, et vous le dit avec ses doigts : Lény Bernay, a.k.a. Jardin et ses rêves en jachère, (re)donne de la voix sur son nouvel EP One World One Shit qui fait suite à Epée, album sorti l’année dernière. Une voix sensuelle, avec laquelle le producteur de musique électronique rappe sur le morceau Débordement : «Qu’est-ce qui nous retient/ de ne pas manger les autres/ au lieu de ronger notre frein ?»

Jardin invite ses amis à danser dans la grande cour de la brasserie industrielle Atlas (Bruxelles), autour d’une belle tranche de pastèque, d’amour et de révolte sur de la pop urbaine ascendant electro sud-africaine (au loin, on pense à Sho Madjozi), les corps secoués par des béats hypnotiques : «Du fond de la nuit, on chante la puissance et la vie. Quand on arrive en ville, y a comme un débordement dans la piscine.»

Sur ce clip coréalisé avec Tiphaine Larrosa (où l’on peut entendre en invitée surprise la voix de Paula H. Satàn du groupe J.C. Satàn), Lény Bernay jette depuis ses lèvres charnues son flow à la figure d’un monde consumériste, paroles et arrangements dédiés à la figure electro-techno Chris Korda, dont il s’est épris il y a deux ans.

Avec sa «Church of Euthanasia», église pas comme les autres, l’icône américaine trans vegan prônait dans les années 90 le suicide, l’avortement, la sodomie et le cannibalisme avec un commandement ultime : «Tu ne procréeras point.» Tandis que Jardin poursuit le refrain et secoue son bassin pour évoquer les bienfaits du débordement, des banderoles et pancartes sont élevées vers le ciel : «The Planet is in Trouble» ou «Cultural Workers», du nom de son label. Plus lyrique, entre rage de vivre et colère d’exister, il évoque les étoiles, qu’il nous donne envie de toucher, à défaut de s’accrocher à cette planète que l’on ne saurait respecter. S’il y a une place à trouver, c’est dans sa musique, «after du siècle».

EP «One World One Shit», 4 titres, disponible depuis le 3 mai.

ParJérémy Piette

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