Se laisser guider pour observer les oiseaux

Published 30/07/2019 in https:2019/07/30/

Se laisser guider pour observer les oiseaux
Chouette de Tengmalm, Hervé Michel

Le fil vert

«Observer les oiseaux en France» n’est pas un guide d’identification des oiseaux, mais un ouvrage fort utile pour partir à la découverte de 300 sites ornithologiques en France métropolitaine. On vous explique.

Tous les jours, retrouvez le fil vert, le rendez-vous environnement de Libération. Aujourd’hui, une recommandation (livres, conférences, films, podcasts, etc.) de la rédaction.

Voilà donc un livre fait pour mettre le nez dehors ! Publié au mois de mai 2019, Observer les oiseaux en France fonctionne sur le modèle d’un guide du Routard version naturaliste, qui emmène ses lecteurs dans les meilleurs spots d’observation ornithologique de l’hexagone.

Par exemple, vous pourrez le suivre afin de passer une journée sur le causse Méjean à la recherche des rapaces ou des passereaux migrateurs – souvent à proximité des points d’eau destinés au bétail. Pour y trouver la chouette de Tengmalm (photo), vous chercherez «dans les vieux peuplements de conifères (pic d’activité vocale les nuits claires et sans vent de mars et avril), autour de minuit», précisent encore les auteurs, Jean-Yves Barnagaud, Nidal Issa et Sébastien Dalloyau.

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Un terrain d’observation privilégié

L’un d’entre eux, Nidal Issa, précise d’emblée à Libé qu’en dépit d’une présentation rapide d’espèces choisies, l’ouvrage n’est en rien un guide d’identification qui permettrait de distinguer une espèce d’une autre. Il s’agit plutôt d’une «invitation à sortir des sentiers battus afin de découvrir la France autrement, de trouver des sites et des oiseaux remarquables». Pour optimiser la sortie, les promeneurs n’hésiteront pas à compléter leur équipement d’un tel ouvrage (notamment pour pouvoir observer davantage de photos de volatiles), ainsi que d’une paire de jumelles et, éventuellement, de leur smartphone, puisque les données GPS sont téléchargeables pour trouver plus facilement les sites d’observation. Informations sur les marées, périodes propices, temps à consacrer à chaque sortie… Les informations pratiques permettront à chacun, amateur ou chevronné, de passer quelques heures, ou quelques jours «sur le terrain».

Plus de 300 sites sont ainsi répertoriés, incluant les réserves naturelles de l’hexagone. Parmi les coups de cœur de Nidal Issa, également administrateur de la Société d’Études Ornithologiques de France, «l’île d’Ouessant, pour suivre chaque année les migrations d’automne» et «les montagnes où on allie observation et paysages splendides». A le croire, les trois auteurs du guide, qui se sont appuyés sur des dizaines d’experts locaux, auraient même donné leurs «meilleurs coins, y compris pour voir des espèces parfois menacées avec, bien entendu les précautions d’usages. Par exemple, on ne donne pas l’emplacement du nid d’un rapace menacé».

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Riche en milieux naturels, habitats et climats très divers, la France métropolitaine est un espace de jeu privilégié pour les naturalistes avertis comme pour ceux du dimanche, de plus en plus nombreux. On y recense plus de 400 espèces d’oiseaux régulières, selon le livre. «Jusque-là, la logique pour protéger une espèce était souvent le secret absolu. Mais au vu de l’érosion des espèces on peut voir que c’est un échec. De plus en plus, une nouvelle logique s’impose : plus les gens vont connaître une espèce, plus ils vont s’approprier sa préservation», explique Nidal Issa avant de citer Jacques-Yves Cousteau : «On aime ce qui nous a émerveillé, et on protège ce que l’on aime.» Chouettes du Vercors, gorgebleues de la baie de Somme, limicoles de la baie du Mont-Saint-Michel attendent désormais les paires d’yeux inoffensives pour parader.

 

 

 

«Observer les oiseaux en France», éd. Biotope, 352 p., 30€ 

ParAurélie Delmas

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