Solidarité : à Grenoble, vidéobatucada pour les ados

Published 10/04/2020 in https:2020/04/10/

Solidarité : à Grenoble, vidéobatucada pour les ados
A Grenoble, en 2018.

reportage

L’association Batuka VI s’est tournée vers la vidéo pour maintenir des activités après le report de ses projets destinés aux enfants des quartiers populaires.

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Ils s’apprêtaient à vivre une année exceptionnelle pour le dixième anniversaire de l’association. Après les tournées des années passées à Rio, New York ou au Burkina Faso, certains devaient aller jouer à Tokyo pour les JO, d’autres au Sénégal. Le 13 mars, ils sortaient de studio, où ils venaient d’enregistrer un album, lorsque tout s’est brutalement arrêté. Ils se sont retrouvés enfermés chez eux, chacun de son côté, privés de leurs instruments et de leur troupe. «C’est trop difficile de ne plus se voir, trop triste de voir tous les projets annulés ou reportés, témoigne Sofia, 13 ans. Alors on a eu envie de faire ensemble ces vidéos pour passer le temps, continuer à communiquer entre nous… et aussi avec tout Grenoble. Pour pas qu’on nous oublie !» Dès le premier jour, sur le modèle de TikTok, l’application vidéo dont raffolent les ados, ils reprennent chacun chez eux devant un portable une des chansons de la troupe. Willy Lavastre, le fondateur de la Batuka VI, infatigable et enthousiaste grand frère, se charge de collecter et de monter les contributions de chacun. Objectif, une vidéo par semaine, «en faisant participer la totalité des enfants confinés. Il faut que tout le monde soit là, présent, connecté au collectif», martèle Willy.

La deuxième vidéo bouclée et mise en ligne, Willy est terrassé par le Covid et la pneumopathie. Le cœur affolé, il résiste chez lui, à la Villeneuve, évitant de justesse l’hospitalisation. La maladie a circulé dans la troupe : six enfants sont touchés – ils continuent alors de plus belle à enregistrer leurs vidéos, connectés via Snapchat et SMS, avec l’envie de relayer un double message : soutien aux travailleurs mobilisés et encouragement à rester chez soi. Une troisième chanson, rythmée au verre en plastique à défaut de surdo, puis une quatrième, écrite collectivement à destination des jeunes de la cité parfois rétifs au confinement, sont sur le point d’être mises en ligne par un Willy enfin convalescent. «On a vite pris le coup, et on va continuer. On est là !» sourit Sofia.

ParFrançois Carrel, correspondant à Grenoble

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