En guerre contre l’ennui: des VF virales, une galeriste allumée et du reggae sensuel

Published 05/04/2020 in Musique

En guerre contre l’ennui: des VF virales, une galeriste allumée et du reggae sensuel

Sélection

Chaque jour de la semaine, «Libération» vous propose une sélection culturelle adaptée à la vie en confinement, en attendant la capitulation du Covid-19.

Creustel

2 – Avec de faux doublages

On n’est pas complètement transporté par l’humour «tire-mon-doigt» un peu systématique des détournements d’Erin Brockovich et de Closer, entre adultes consentants. Bon. Visiblement passionné – comme Jean-Marie Bigard doit sûrement l’être – par les épopées intestinales qu’entraîne parfois le coronavirus, le duo Creustel (contraction de Marion Creusvaux et Julien Pestel) n’en reste pas moins le pourvoyeur chéri de web-vidéos déconnantes grâce auxquelles ce couple de comédiens s’est hissé, depuis le 18 mars, en nouvelles stars de la Covidie. A revoir sur leurs pages Facebook, Twitter ou Instagram, leurs faux doublages d’une scène de Shining avec un Jack Nicholson tapant ses attestations de sortie sur machine à écrire, d’Independence Day à la rencontre du docteur Raoult, ou d’Interstellar avec un Matthew McConaughey en engueulade Skype avec Jessica Chastain. E.B.

 Nino Laisné, L’air des infortunés, film, 2019, Collection Frac Franche-Comté © Zorongo Production / Nino LaisnéPhoto Zorongo Production. Nino Laisné

https://www.instagram.com/creustel

3 – Avec une horlogerie baroque

Chut. Laissons les experts s’époumoner dans la télé éteinte et retrouvons le chemin de la grâce et de la beauté. Avec Nino Laisné, évidemment. Le plus moderne des vidéastes et musiciens baroques, compagnon de création du danseur et chanteur François Chaignaud, propose sur sa page Facebook un de ses courts métrages, l’Air des infortunés (2019), produit par le Frac Franche-Comté où il se trouvait récemment en résidence. On y voit un mécanisme d’horlogerie rutilant, réplique des entrailles d’un automate offert à Marie-Antoinette. On y entend la voix sublime du «ténor-baryton» Marc Mauillon interpréter une romance de Berquin. Et on y découvre un travelling arrière ahurissant où, entre les plaintes feutrées de la partition, collisionne un chaos d’époques autour de la figure des prétendus Louis XVII. Magnifique, baroque et visionnaire. G.Ti.

Photo Filigranes 

https://vimeo.com/372126002

4 – Avec une pittoresque galeriste

Les œuvres vous manquent ? Les galeries aussi ? En attendant le déconfinement, on peut toujours se bercer de la voix éraillée et de la présence chaleureuse de Suzanne Tarasieve, filmée par Rima Samman et interviewée par Béatrice Andrieux dans Suzanne Tarasieve, vocation galeriste, un film de 2016. Ce sage portrait de la pittoresque galeriste installée dans le Marais, mis exceptionnellement en ligne sur le site de la galerie, suit pas à pas la «bohémienne» Tarasieve, haute comme trois pommes, dans son amour de l’art et des artistes. Aux fourneaux en train de décongeler un plat ou dans ses réserves pleines d’œuvres («il faut savoir tout faire quand on est galeriste»), la pasionaria revient sur son parcours de peintre ratée, ses rencontres de jeunesse (Philippe Noiret, Laurent Le Bon ou Jean Marais) et sur son premier espace situé à Barbizon, haut lieu de la peinture et ancienne base militaire de l’Otan. C.Me.

Photo DR

http://suzanne-tarasieve.com/current /

5 – Avec du reggae anglais

Ourdie par quelques enfants d’immigrés caribéens à la fin des années 70 avec la volonté de satisfaire leurs plus sombres perversions romantiques, mais aussi d’irriter les puristes réfractaires à l’idée d’écouter autre chose que du roots jamaïcain, le lovers rock est la mutation la plus scandaleusement commerciale, féministe et délicieuse du reggae à être advenue en territoire britannique. En France, seule Sade, starlette du genre avant de devenir star du smooth tout court en 1984, a eu les faveurs du grand public. Pour rattraper le plaisir, plusieurs compilations ont vu le jour chez Soul Jazz, qui documentent parfaitement le premier âge d’or des divas Carroll Thompson et Janet Kay ou des politiques Brown Sugar. Celle-ci est plus relax, pleine de reprises de tubes funk à la cool (Do Me Baby de Prince, Free de Deniece Williams) et de grandes voix à redécouvrir (Peter Hunnigale). Irrésistible. O.L.

For the Love of You (Athens of the North).

ParClémentine Mercier ,Guillaume Tion

Print article

Leave a Reply

Please complete required fields